EXTRAIT:
Une des causes qui rendent fort confuses à nos yeux certaines querelles presque permanentes au-delà du Rhin, c’est assurément que les institutions, les idées et les mœurs avec lesquelles nous avons rompu à la fin du siècle dernier subsistent par lambeaux épars chez les peuples de race allemande, et peuvent s’y rencontrer, soit en luttes, soit en alliances contre nature, avec des aspirations tout autres, par exemple avec un sentiment exagéré de la démocratie et du principe tout moderne de la nationalité. Les restes d’un âge que l’on qualifie assez justement en l’appelant encore féodal vont sans doute, chez nos voisins, se dissolvant sans cesse ; ils n’en conservent pas moins assez de vie pour empêcher de nouvelles et fermes assises et pour entretenir une incertitude qui se traduit à certains momens par des crises très redoutables. En étayant ces restes vermoulus et en leur construisant des cadres commodes, les traités de 1815 ont préservé l’Allemagne d’une dissolution subite et complète, mais ils ont en même temps préparé de graves difficultés à ceux des souverains limitrophes de l’Allemagne qu’ils y ont incorporés en partie.