Livre numérique qui parle sur l'éducation féministe des filles,un texte qui soulève des questions paradoxales auquel Madeleine pelletier essaye de répondre.
Ce livre contient une table des matières dynamique. Extrait : Chapitre Premier. Valeur de l’éducation
On a dit avec raison que les peuples n’ont jamais que le gouvernement qu’ils méritent. Un peuple opprimé qui ne mériterait pas de l’être s’insurgerait contre ses oppresseurs et les mettraient hors d’état de le tyranniser. Cette vérité s’applique non seulement aux peuples, mais à toutes les collectivités. Le prolétariat mérite certainement le sort qui lui est fait dans la société présente ; s’il ne le méritait pas, étant donné qu’il forme la majorité de la nation, il y a longtemps qu’il aurait dépossédé la bourgeoisie de son pouvoir.
Même vérité pour les sexes. Mise en marge de la société, la femme, en tant que collectivité, mérite la situation servile qui lui est départie. Elle ne sait que gémir lorsque le joug du mâle est trop dur. Si elle montrait plus de dignité, si elle savait mieux s’organiser, si elle revendiquait avec plus d’énergie, elle aurait depuis longtemps, conquis l’égalité politique et sociale.
Mais il n’y a pas à vitupérer les opprimés de leur peu de ressort moral, ils sont ce qu’ils sont ; l’homme fait la condition et la condition fait l’homme ; le psychologique et le social interdépendant l’un de l’autre. Seules de rares individualités supérieures ont été capables de se rebeller contre la situation à elles faite et d’inciter à la rébellion leurs frères de servitude. Les masses subissent leur condition, ne comprenant même pas qu’elle puisse changer.
À la longue, cependant, et sous l’influence d’individualités d’élite, des évolutions sociales s’effectuent. Les plébéiens finirent par s’affranchir du patriciat, la bourgeoisie a triomphé de la noblesse, le prolétariat triomphera de la bourgeoisie, la femme est en train de s’émanciper de la tutelle de l’homme.