Telechov est né en 1867 d'une famille de riches négociants aussi écrira-t-il libéré de la nécessité de gagner sa vie. Ses salons littéraires des « Mercredis » ont fortement influencés certains écrivains de l'époque notamment Tchékhov.
Dans ce court récit paru en 1910 dans « Mille nouvellesnouvelles » Telechov peint un épisode de la vie misérable et désespérée des habitants d'une Sibérie sauvage et embourbée après la fonte des glaces.
Dans un dénuement total des émigrés se débattent, avec leurs enfants malades et affamés, pour fuir la Sibérie. Ils ont attendus tout l'hiver dans des campements de fortune, la venue de la péniche, leur seul et unique espoir ?
Ces parents sont torturés par une décision, vont-ils pouvoir partir avec leurs enfants malades ou devront-ils rester et de toute façon périr avec leurs enfants ?
Leur choix sera peut-être de partir seul, ainsi, « Dieu a donné, Dieu a repris, dit-il, pour calmer sa femme. Si nous vivons... un autre Nicolka viendra au monde, et quant à celui-ci... c'est fini !... »
Les remords ne vont pas tarder à venir les hantere « Vers le soir, lorsque siffla le bateau à vapeur, lorsque les solides amarres furent étendues et que les péniches partirent, Matveï était assis au fond de la péniche, recroquevillé, sans rien voir devant lui, ni la rive, ni le fleuve, ni les gens restés sur la berge. Il sentit seulement que la péniche s'était mise en mouvement et se signa. « C'est la volonté de Dieu !... Nicolka ne se remettra pas... C'est tout un... il mourra ! Ainsi pensa-t-il, une heure, deux heures, et toute la journée, et une semaine, et un mois ; ainsi, probablement, pensera-t-il toute sa vie... »
Telechov nous fait un terrible récit, il dépeint cette ambiance dramatique de façon hyperréaliste, et crée une tension psychologique lors de l'embarquement des familles, cette attente devient une torture pour les parents : « Sous les yeux de tous se passaient des scènes affreuses, toutes les fois qu'une famille, pour un enfant malade, restait, tandis que les autres allaient sur la péniche ; on entendait gémir, hurler, jurer, mais personne n'y faisait attention, personne n'avait pitié ».
Mais la consolation des parents tombe comme une terrible évidence : « C'est la volonté de Dieu »
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