Comment les penseurs liés à ce qu’on nomme la « déconstruction » reconfigurent-ils la figure de l’ekphrasis ? Cet ouvrage s’intéresse aux enjeux esthétiques, philosophiques et éthiques engagés par l’œuvre d’art pour Jacques Derrida et les penseurs et les écrivaines qui lui sont proches – Hélène Cixous, Jean-Luc Nancy, Philippe Lacoue-Labarthe, Sarah Kofman, Georges Didi-Huberman –, et met en relief quelques-uns de leurs axiomes les plus inventifs dans un champ qui ne fut jamais confiné pour eux dans la désignation ancienne des « beaux-arts » ou de l’histoire de l’art, mais bien toujours saisi comme le lieu mouvant d’une véritable pensée, d’un « penser voir » autrement.
À la croisée de la littérature, de la philosophie et de l’esthétique, cet ouvrage réunit des penseurs et des théoriciennes dans une perspective résolument interdisciplinaire, tout en se penchant sur la différence à l’œuvre entre les arts convoqués ici (dessin, peinture, photographie, cinéma, installation, chorégraphie). Dans la deuxième partie de l’ouvrage intitulée « Accompagnements », le lecteur se retrouve de l’autre côté, du côté de l’œuvre d’art en quelque sorte, en poursuivant cette exploration de l’ekphrasis à partir des œuvres d’artistes québécois·es contemporain·es (E. Alleyn, M. Garneau, I. Leduc, J. Ouellet, F. Sullivan) qui la réfléchissent depuis leur medium propre.