Jean Aurenche (1903-1992) écrivit pour le cinéma pendant quarante ans, parfois seul, souvent avec Pierre Bost, hier pour Autant-Lara (Le Mariage de chiffon, Lettres d'amour, Occupe-toi d'Amélie, L'Auberge rouge) et Clément (Au-delà des grilles, Jeux interdits, Gervaise), plus tard pour Tavernier (L'Horloger de Saint-Paul, Que la fête commence, Le Juge et l'Assassin, Coup de torchon). Il était aussi l'ami de Prévert, Anouilb, Grimault, Cocteau et le beau-frère du peintre Max Ernst.
Ces entretiens, de méandres en anecdotes (certaines surprenantes!), montrent à quel point il fut, non point l'apôtre d'une "tradition de la qualité" dans laquelle une polémique faisant flèche de tout bois voulut le figer, mais au contraire un esprit libre et curieux, enthousiaste, bouillonnant.
Jean Aurenche, Nouvelle Vague s'il en fut jamais, pratiquait avec le sourire cette curieuse variante du métier d'écrivain: scénariste.