La nostalgie est un puissant sentiment. Songez-vous parfois au temps jadis ? Vous… oui, vous ! Vous qui me faites l’honneur de vous intéresser à mes péripéties temporelles. La question peut surprendre, mais en d’autres termes : avez-vous la vie que vous aviez choisie étant plus jeune ? Par définition, le passé est derrière nous, bien qu’il influe constamment sur notre quotidien, il se dissipe, s’efface au profit du présent et, par extension, déteint sur les trajectoires du futur.
Voyager dans le temps nécessite une technologie qui, fort heureusement, n’existe pas… pas encore. Supposons un court instant que ce thème, souvent exploité par notre imaginaire, devienne un jour possible. Le remonter, le changer, corriger délibérément les erreurs du passé pour des raisons personnelles, affectives ou historiques, serait la violation d’un cycle, une réelle ingérence temporelle qui, allez savoir, pourrait devenir totalement incontrôlable et catastrophique.
Ces conceptions prirent une troublante signification pour moi qui n’ai pu gérer mes allers et retours au dix-huitième siècle. L’amour me cueillit en 1750 avec Françoise, une authentique duchesse de Versailles ; de cette anachronique idylle, naquit un fils l’année suivante. Simultanément, je nouai une solide amitié avec des personnes formidables dont Barnabé, un militaire des armées royales ; sa présence me fut rapidement indispensable. Après une succession d’embûches et de graves complications, nous dûmes nous résigner à une sorte d’exode, non pas en termes de lieux, mais en termes d’époque : faire le voyage inverse pour nous réfugier au vingt et unième siècle. Vertige paradoxal, intellectuel et véritable cas de conscience pour des personnes provenant de l’Ancien Régime. Il était impératif de demeurer ensemble dans une quiétude bien méritée ; d’autant que je retrouvai ma fille chérie, quant à elle, restée en 2014.
Je me leurrai lourdement, le répit fut hélas de bien courte durée et les pérégrinations dans le temps étaient loin d’être terminées. Jamais, au grand jamais, je n’aurais imaginé retraverser les siècles de cette manière. Le choc à l’arrivée fut pour moi un cauchemar insensé, inconcevable, terriblement inhumain… C’est le moins qu’on puisse dire.
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