Depuis plus de quarante ans, la France se berce d’illusions : les violences sexuelles sur enfants ne seraient que des "dérapages", des "cas isolés", des "monstres" échappés à la vigilance collective. Cet essai pulvérise ce mensonge. En confrontant rapports officiels, scandales enfouis et outils de la pensée critique, il révèle une vérité insupportable : l’État protecteur est aussi un producteur de vulnérabilité. Aide sociale à l’enfance, Éducation nationale, justice, armée, ces institutions, censées garantir la sécurité des plus fragiles, les exposent trop souvent aux pires prédations, tout en préservant jalousement leur propre image.
Pourtant, cette faillite n’est pas un accident. Elle est le fruit d’une histoire. Ce texte explique ces dysfonctionnements institutionnels. Il analyse la chaîne des décisions, des renoncements et des complicités qui, pas à pas, transforment les dispositifs de protection en mécanismes d’impunité. Il explique de surcroît comment une intelligentsia, fascinée par la transgression, a contribué à banaliser, excuser, voire célébrer la prédation sur l’enfance, transformant l’impensable en objet de débat, puis en norme tolérée. À la croisée de la philosophie et de la sociologie, cet essai défend une thèse radicale : tant que la société choisira de préserver ses idoles et ses institutions plutôt que ses enfants, la pédocriminalité ne sera pas un scandale, mais un système.