Pendant des années, j'ai vécu avec une peur que je ne pouvais pas nommer.
Ce n'était pas la peur de quelque chose de précis, mais une inquiétude de fond, permanente. Le sentiment d'être seul au monde, de ne jamais vraiment appartenir à aucun lieu.
J'ai grandi entre pays, langues et cultures. La Chine, les Pays-Bas, la France, l'Espagne. Toujours m'adapter, toujours essayer de trouver ma place. J'ai travaillé très jeune, tenu bon, résisté. J'ai construit une vie qui, vue de l'extérieur, semblait fonctionner.
Jusqu'au jour où, à trente-trois ans, tout s'est effondré.
J'ai perdu mon entreprise. J'ai perdu mon mariage. J'ai perdu l'identité que j'avais construite avec tant d'efforts.
Avec trois enfants que je ne pouvais pas abandonner émotionnellement, j'ai fait un choix : ne pas fuir la douleur, mais chercher à la comprendre.
Ce chemin m'a conduit vers la thérapie transpersonnelle, vers un travail profond avec la mémoire émotionnelle, et vers une découverte essentielle : la peur n'était pas un défaut, mais une trace. La trace d'un enfant qui a dû se soutenir sans bras.
Vivre sans oubli n'est pas un livre sur le fait d'arriver quelque part.
C'est un livre sur le retour. Le retour au corps. Le retour à la présence. Le retour à la maison.
Il ne promet ni solutions rapides ni états permanents de paix. Il partage un chemin humain, fait de chutes et de retours, vers quelque chose de plus simple et de plus profond : apprendre à être présent à ce qui est, quoi qu'il se présente.
Pour celles et ceux qui se sont un jour sentis perdus, déconnectés d'eux-mêmes, ou invisibles au cœur de leur propre vie.
Ce livre est une invitation à s'arrêter, à respirer, et à se souvenir.