Extrait :
Le lecteur se souvient du fameux album : « Les bijoux de la Castafiore », dans lequel la cantatrice Bianca reproche à son pianiste, Igor Wagner, ses fréquentes fausses notes et lui ordonne de travailler ses gammes. Comme si cela constituait le remède universel à toutes les erreurs de jeu au piano !
Bien au contraire, la pratique des gammes n’est ici qu’un pis-aller et n’arrange rien. Elle constitue une forme mécanique du jeu pianistique qui ne se justifie nullement sur le plan musical. Or, jouer du piano, c’est faire de la musique, tenter de faire vivre la musique sur un instrument bien particulier pour lequel la production du son, préexistant d’emblée, ne pose aucun problème en soi. Que l’on considère le violon ou la trompette, par exemple, et l’on se rendra compte que ces deux derniers instruments demandent à l’instrumentiste la maîtrise de la production de leurs sons respectifs. Pour le piano, le son est déjà là, il suffit d’enfoncer une touche pour le produire. Mais c’est dès lors que les difficultés commencent sur le plan musical. Parvenir à faire sonner le piano à sa manière, lui imposer son propre style sonore est un exploit rarissime.
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